LILLE, CÔTÉ COUR(ÉE)S

Dans le Nord, on connait les corons et les courées ! Vous êtes en train de vous exclamer : « Ah oui… les courées !! », parce que vous avez ouï parler de la fête de la courée Cacan, parce que l’un de vos amis vit dans l’une d’entre elles, ou tout simplement parce que vous êtes un gentil petit curieux. Ces particularités urbanistiques ont particulièrement poussé à Roubaix, Tourcoing et… Lille ! Mais c’est quoi exactement ? Quand sont-elles nées ? Et que sont-elles devenues aujourd’hui ?

COURS, COURÉES ET CITÉS

Derrière toutes ces dénominations se cachent une même réalité. Petite recherche dans notre bon vieux dictionnaire Larousse qui nous dit ceci : « Dans les villes du Nord, petite cour sombre, commune à plusieurs habitations pauvres et insalubres. ». Un peu lugubre comme approche, non ? Disons que les courées sont des ensembles de petites maisons mitoyennes, réparties autour d’un espace commun , d’une petite cour commune, et accessible depuis la rue par un passage étroit et privé

Les courées peuvent compter de 2 jusqu’à une centaine de maisons. D’une architecture simple et égalitaire, ces maisons, de petites superficies, sont construites sur 2 niveaux avec généralement la pièce de vie au rez-de-chaussée et 1 ou 2 chambres au 1er étage. À l’origine, les courées ne disposaient que d’un point d’eau collectif unique et de WC extérieurs communs.

Loyers modestes, promiscuité, problèmes d’hygiène… ces logements ont longtemps été synonyme de vétusté et d’insalubrité. Mais alors, qui qui a eu l’idée de ces maisons ?

NÉES D’UNE RECHERCHE D’INVESTISSEMENT FONCIER

Ce sont de petits propriétaires privés qui sont à l’initiative de la construction de ses ensembles de maisons. Petits commerçants, rentiers, artisans et parfois quelques industriels, au capital limité et  souhaitant laisser à leurs enfants un patrimoine. À l’instar de la Villa Camille, rue des Postes, bâtie en 1899 par un commerçant qui offre ainsi une rente à vie à son héritier ! D’ailleurs de nombreuses courées portent encore et toujours le nom de leur premier propriétaire.

Le choix des matériaux de construction et le prix peu élevé des terrains ne bénéficiant pas de vue sur la rue en font un investissement rentable.

À lille, les courées sortent majoritairement de terre à partir des années 1850 dans les nouveaux quartiers industrialisés que Moulins, Wazemmes et Fives. Elles logent alors des ouvriers modestes puisqu’elles sont généralement localisées près de leurs lieux de travail.

En 1911, Lille recensait plus de 600 courées avant que la Ville entreprennent de grands travaux d’urbanisme et d’assainissement de ces lieux.

COUR CACAN, COUR MODERNE, CITÉ DE L’ENFANT… ET BIEN D’AUTRES COURÉES DE CONVOITISE

De nombreuses courées ont donc été rasées et celles qui sont encore debout ont été mises eux normes et modernisées. Elles séduisent de plus en plus étudiants, artistes et quelques familles. Bulle de convivialité et d’entre-aide, les cours accueillent les apéros entre voisins, amis des voisins, amis d’amis des voisins… et les jeux d’enfants !.

Les maisons de courée sont désormais un moyen économique d’accéder à la propriété : pour le prix d’un petit appartement en centre-ville on peut devenir propriétaire d’une maison… sans les contraintes de la copropriété !! Et pourquoi pas y acquérir 2 logements pour avoir une maison plus grande et agréable à vivre. D’autant plus que la Métropole Européenne de Lille participe aux efforts de réhabilitation de ces logements, action menée conjointement avec La Fabrique des Quartiers.

Symbole de notre passé, les courées sont désormais l’étendard du « vivre ensemble » et de la convivialité à la lilloise. Locataires et propriétaires s’y côtoient faisant perpétuer l’esprit de solidarité. Et vous, ça vous plairait d’habiter l’une de nos légendaires courées ?

JLW Immobilier